Design

verger maraîcher de Walhain

Potentiel physique et biologique

Cette section propose une brève description des ressources bio-physiques du site. Il est entendu que l’étude se concentre sur les zones suivantes :

  • Terres agricoles au nord de la forêt
  • Corps de ferme et terrains alentours
  • Dans une moindre mesure, les parcelles forestières et les parcelles agricoles du voisinage.

 

Sols et cultures

Notre reconnaissance a utilisé les ressources cartographiques disponibles (Google Earth, plans de situation parcellaire au 1/5000e et 1/4000e, extraits du Géoportail de la Wallonie…). Nous avons procédé à plusieurs visites sur le terrain au cours de l’année 2018.

 

Photo 1. Vue aérienne générale du site (source : Google Maps 2019)

La zone cerclée de rouge est la Ferme Saint-Pierre (voir détail sur Photo 2).

Cet inventaire a permis d’identifier 3 grands ensembles fonciers (voir Photo 1) :

  • le massif forestier : chênaie-hêtraie de l’ordre d’une centaine d’ha (de part et d’autre de la route nationale) assez mûre présentant de nombreux sujets remarquables, structurée en drèves et généralement bien entretenue en dépit d’un déficit apparent en élagage (voir Annexe 3, p. 29). Le massif comporte des îlots de résineux et de régénération feuillue diversifiée (pas toujours entretenus : peupliers).
  • Les terres cultivées distribuées entre le massif forestier et la ferme Saint-Pierre : plusieurs dizaines d’ha, valorisées en grandes cultures (blé, betteraves, chanvre…) notamment par l’intermédiaire de la société Agriland. Bocage assez dense.
  • Les abords immédiats de la ferme Saint-Pierre : plus de 50 ares au nord, utilisées en jardin et pâturages extensifs (chevaux, caprins), et plusieurs dizaines d’ha sur le pourtour ouest, est et sud, utilisés pour les grandes cultures (voir Photo 2). Les abords comportent de nombreuses haies matures et alignements bocagers (saules têtards remarquables).

 

Photo 2. Aperçu des parcelles cultivées aux abords de la Ferme Saint-Pierre (source : Alec de Selliers)

Cette carte mentionne notamment les dernières parcelles converties en bio. Le domaine de Perwez comprend :

  • Plus de 60 ha de cultures en bio : betteraves, froment, seigle, travaillés par Cédric Dumont (agriculteur bio du voisinage). Ces terres sont la propriété de la société familiale Monsel SA ;
  • 19,8 ha de terres (« libres ») travaillées par Agriland (contrat de métayage) : lin, carottes, chanvre (4 ha), quinoa, oignons, épinards, haricots
  • 97 ha de forêt, détenues par Monsel SA, sont exploités pour le bois.

Nous avons procédé à des analyses de sol sur les abords de la ferme. Les sols, de type limoneux profonds, ne présentent pas d’obstacles significatifs au projet. Le patrimoine pédologique du secteur est globalement favorable à un projet de type agroforestier, d’autant plus que l’agroforesterie éco-intensive, dans une approche syntropique, possède une faculté d’amélioration accélérée des sols originaux, même les plus dégradés.

 

Description du bâti

 

Photo 3. Vue générale de la Ferme Saint-Pierre (source : Google Earth 2019)

Description des principaux éléments du bâti de la ferme Saint-Pierre :

  • A. Entrée du corps de ferme depuis la rue du Fonds des Sausalles, avec sur la droite en entrant une grande construction
  • B. Long bâtiment latéral comportant des écuries au rez-de-chaussée et des granges au premier
  • C. Idem
  • D. Hangar derrière la grange, servant de remise pour les machines au rez-de-chaussée, et d’entrepôt dans la mansarde au premier étage
  • E. Grange de très belle hauteur, charpente monumentale
  • F. Bâtiment latéral symétrique à B (structure identique)
  • G. Maison d’habitation donnant sur la cour et sur le jardin Nord
  • H. Grande pièce polyvalente entre les maisons G et I
  • I. Maison d’habitation
  • J. Cour intérieure, boisée et pourvue d’une pelouse centrale incurvée

 

Lors de notre visite du bâti, nous avons été frappé par la capacité de cet ensemble : nombre des écuries et étables, volume des greniers et des granges, importance des dépendances (bâtiments d’entrée, hangars, appentis). Nous n’avons repéré aucun signe de dégâts structurels. Le cadre nous a également surpris par son charme paysager : les allées sont végétalisées, la pelouse entretenue, la cour centrale joliment arborée, certains murs couverts de raisin, de figuiers et d’autres fruitiers. Le site est donc entretenu et a bien été amélioré si l’on compare avec des photos datant apparemment des années 1960 ou 1970 (d’après le type de voitures) transmises par Alec de Selliers.

Les lieux sont toutefois occupés de façon extensive par de multiples dépôts des locataires, sans rapport avec l’agriculture, à l’exception d’une petite partie des étables (Aile F) et des parties E et D.

L’échelle du potentiel immobilier de la Ferme St Pierre commande une planification minutieuse et intégrée des aménagements du bâti, ce qui n’exclut pas un phasage. Un architecte a été commissionné pour conduire ce travail à bien.

La spatialisation des activités sur le site de Perwez implique de conduire également une réflexion en termes de mobilité.

 

Implantation du potager agroforestier

La surface du potager (encadré jaune) avoisine 1,7 ha. La Photo 4 donne le contexte environnant, constitué de grandes cultures en partie en bio, et de forêt.

Photo 4. Le potager de Walhain s’insère dans un maillage bocager et forestier privilégié

 

La Photo 5 comporte une carte qui précise la structure du potager agroforestier.

Photo 5. Le potager est structuré en lignes fruitières Nord-Sud espacées de 10 m. Entre ces lignes sont présentes des planches de culture maraîchères permanentes, regroupées en blocs homogènes.

L’impression de rigueur et de standardisation de la structure ne doit pas cacher la forte biodiversité abritée par le potager. Le périmètre est planté d’une haie basse (H < 1,5m) d’essences autochtones (alisier, aubépine, bourdaine, charme, châtaigner, chêne, cornouillers, érable champêtre, épine-vinette, frêne, fusain, prunellier, sorbiers, sureau…)

Les fruitiers (mi-tige et basse tige) seront concentrés sur des griottiers (variété certifiée RGF Griotte de Schaerbeek) et plusieurs variétés de pruniers (la plupart RGF). Ils abriteront un sous-étage de petits fruits conduits hauts et clairs (cassis, groseilles, groseilles à maquereaux, ronce fruitière). Le sous-étage bas sera composé d’aromates et fleurs comestibles (achillée, agastache, aneth, angélique, arroche, basilic, calendula, camomille, capucine, céleri, ciboulette, coriandre, cosmos, estragon, fenouil, hysope, laurier, livèche, mélisse, menthe, origan, persil, phacélie, pimprenelle, romarin, sarriette, sauge, tanaisie, thym, valériane…).

Sur les planches permanentes (près de 4.800 m2 de surface utile hors sentiers), une gamme de variétés maraîchères prendra place. Des serres (verre et plastique) complèteront le dispositif maraîcher. L’habitat écologique sera enrichi par la présence de 8 mares. Les structures bâties sont dimensionnées pour l’accueil de visiteurs simultanément à la présence des équipes de travail : terrasse dallée de 400m2 devant la serre en verre, préau multifonctionnels de 70 m2, cuisine équipée de 60 m2, toilettes sèches en série.

(Nombre de blocs, planches, pistes, etc)

 

Un design éco-responsable

Le projet de potager verger de Walhain est un projet original pour lequel il n’existe pas de précédent connu à cette échelle en Belgique.

Le concept du potager verger bénéficie de l’expérience capitalisée depuis 10 ans par l’équipe de Vert d’Iris en matière d’associations d’arbres fruitiers et de plantes maraîchères annuelles. Dans le concept de Walhain (voir Photos aériennes et carte) nous avons cherché à optimiser les synergies entre strates végétales (plantes basses, petits fruits, fruitiers basses tiges / mi-tige et haute tige), l’ergonomie de la mise en valeur agricole (structuration en blocs standards), la circularité des flux matériels.

Le maraîchage agroforestier était généralisé en Europe jusqu’à l’avènement de la Politique Agricole Commune (1960), qui l’a éradiqué dans les espaces agricoles comme dans les mémoires. Il reste aujourd’hui largement méconnu alors qu’il est particulièrement intéressant sur le plan écologique, car il repose sur la création d’habitats diversifiés qui vont abriter des armées d’auxiliaires biologiques de cultures.

 

Photo 6. Blocs de planches agroforestières au potager d’InnRGreen (Anderlecht), mai 2020. Entre les rangées de griottiers (basse tige) alternent les cultures de fèves, chou kale, laitues et betteraves.