Aquaponie – Des insectes pour nourrir les poissons

Des insectes, nourriture de demain pour nos truites

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S’affranchir d’un aliment industriel pour composer notre propre ration

L’approvisionnement en aliment biologique pour les poissons est compliqué en région Bruxelloise. Il existe peu de fournisseurs en Europe : par exemple, les poissons du prototype de Vert d’Iris International sont actuellement nourris avec un aliment importé de Bretagne. Le transport depuis des zones éloignées géographiquement élève le coût de l’aliment et est source d’émissions de gaz à effet de serre. Et lorsque l’on regarde de près l’étiquette du produit, on se rend compte que 80 % de l’aliment est constitué de matières premières non biologiques.

A la suite de ce constat nous avons décidé de nous lancer dans la production d’insectes comme base d’une farine à distribuer aux poissons. Dans une optique d’autonomie pour l’activité d’aquaponie, nous souhaitons ainsi produire notre propre aliment.

 

Les insectes : un élevage simple, efficace et durable 

L’élevage d’insectes présente de nombreux intérêts :

  • Un espace restreint : il est possible de disposer les caisses d’élevage en étages. L’élevage est indépendant du sol et peut être mis en place même en ville !
  • Une consommation d’eau réduite : les insectes trouvent l’eau nécessaire à leur métabolisme dans les aliments.
  • Une bonne efficacité alimentaire : il faut peu d’aliment pour produire des volumes d’insectes importants. En moyenne, 2 kg d’aliments sont nécessaires pour produire 1 kg d’insectes, tandis que les bovins exigent 8 kg d’aliments pour produire 1 kg d’augmentation de la masse corporelle animale.
  • Une composition nutritionnelle riche en protéines : les protéines représentent 35 à 45 % de la matière sèche des insectes.
  • Un faible impact environnemental : la production de gaz à effet de serre est 10 à 100 fois inférieure que celle d’un élevage porcin.
  • Une démarche de recyclage : le compost issu des déchets de culture du potager peut être utilisé pour nourrir ces insectes. Vert d’Iris International mène justement un projet autour du compostage

Vers de compost et vers de farine

A ce jour, chez Vert d’Iris International nous testons l’élevage de deux espèces : les vers de compost et les vers de farine.

Les vers de compost sont élevés dans un module de lombricompostage. Il s’agit de l’espèce Eisenia foetida L., qui nécessite pour son développement un simple substrat de déchets végétaux.

Les vers de farine, très à la mode parmi les insectes élevés pour l’alimentation humaine et animale, ont un cycle de développement simple. A l’éclosion des oeufs naissent des vers, qui réalisent des mues successives avant de se métamorphoser en nymphe puis en adulte. Les vers les plus gros seront récoltés puis séchés et broyés en farine.

 

Des insectes… Mais pas seulement !

Nous réfléchissons maintenant au processus de fabrication de la farine et à sa composition. Pour qu’elle soit le plus adaptée possible aux besoins des truites, il est important de couvrir les besoins en acides aminés essentiels, qui ne sont pas tous présents en quantité suffisante chez les insectes sélectionnés. La solution pourrait être de les apporter par une ressource végétale : nous envisageons la culture de lentilles d’eau pour complémenter la farine distribuée aux poissons.